Archives du mot-clé Vieillesse

Mon Dieu ! Gay et retraité !

Une tribune de

dans  le groupe de discussion Gérontologie et Bonnes Pratiques sur Viadeo et un article dans santé publique 

La discrimination dont sont l’objet certaines catégories de population – ici les homosexuels – les incite à dissimuler leur identité profonde dans la vie courante.

Qui acceptera mes secrets...
Qui acceptera mes secrets…

 Qu’une étude mette en évidence un développement plus important de la maladie d’Alzheimer, quoi de surprenant, si l’on sait que comprendre les personnes atteintes d’Alzheimer, les écouter, leur montrer de la compréhension, aide à les soulager et a un immense effet bénéfique sur eux et sur les personnes qui s’en occupent. Reconnaître et accepter l’histoire de vie de la personne, ses valeurs, ses évènements douloureux et secrets, joue un grand rôle dans les thérapies non médicamenteuses. C’est bien sûr plus difficile avec ceux et celles qui ont un lourd secret à porter.

On voit que c’est un enjeu encore plus important pour ces personnes : leur montrer l’empathie qui leur permettra, si elles le souhaitent et comme elles le souhaitent, de se soulager de ce fardeau. Leur fin de vie en sera allégée et plus harmonieuse, au-delà de la douleur de cette maladie. Sans soigner la maladie, cela en retarde et en améliore les symptômes en offrant  une qualité de vie incomparable au malade comme à son soignant et à son aidant.

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DOCUMENTAIRE : « LES ANGES ANONYMES » d’Olivier Ducray

DOCUMENTAIRE : « LES ANGES ANONYMES »

Un article de Cnikel.com

La question de l’isolement et de la solitude chez les personnes âgées

de l’empathie au lien social

Un regard tendre et empathique sur les âgés

Après le succès de son premier court métrage « Champagne » sur la sensibilisation des risques de chutes à domicile, Olivier Ducray, intéressé par la question de l’âge et de nos aînés, s’est lancé dans un nouveau projet de long métrage « Les anges anonymes ». En suivant pendant un an à Lyon le quotidien de Françoise, une infirmière exceptionnelle, le jeune réalisateur montre comment la venue d’une aide au domicile des personnes âgées est essentielle pour leur maintien à domicile mais aussi pour les sortir de leur isolement. Rencontre avec un passionné humaniste.

Un regard tendre et empathique sur les âgés

La question de l’isolement et de la solitude chez les personnes âgées
« J’ai toujours eu de l’attachement et de l’empathie pour les personnes âgées. Surtout quand je les vois dans la rue, essayant de marcher dans le rythme infernal qui les entoure, j’ai l’impression qu’elles sont de petites choses au milieu de la jungle urbaine », explique-Olivier Ducray.

C’est cet amour des âgé-e-s et la volonté de dénoncer l’isolement et la solitude dont souffre une partie de cette population,  qui ont poussé Olivier Ducray à réaliser un film d’auteur sur la tournée d’une infirmière à domicile pendant un an.

Mais plus encore, il a souhaité rendre visibles celles et ceux qu’on ne veut pas voir, et contribuer à lever le tabou :  « J’ai toujours été étonné qu’on ne veuille pas regarder la vieillesse en face. A écouter la société, on croirait une maladie orpheline, qui ne touche que quelques cas. Je me demande ce qui s’est passé dans la société française pour que cela se passe comme ça. Ce n’est pas un signe de bonne santé de notre pays ».

De l’empathie au lien social
Lors des tournages, une fois par mois, le réalisateur et son cadreur (caméraman) rencontrent de nombreux âgés, avec une préoccupation majeure : au-delà du personnage de Françoise, connue dans tout le 3e arrondissement de Lyon depuis 33 ans qu’elle exerce pour être une bonne fée des âgé-e-s, c’est la relation de l’infirmière avec des personnes en souffrance, en particulier en raison de la solitude, qui l’intéresse.
« Françoise dans son travail est à la fois  tendre et dure. Elle ne cherche pas à enjoliver les choses. Mais elle aime son métier et a une empathie immense », dit-il.
Et c’est ce que le cinéaste cherche à montrer : comment cette empathie peut recréer le lien social et l’humanité dans la relation qui manquent trop souvent aux personnes seules et fragiles.

Françoise, une professionnelle hors norme
Mais si Olivier Ducray a pu réaliser son film, rentrer en relation avec les âgé-e-s et obtenir facilement les autorisations de tournage de leur part et de celle de leur famille, c’est aussi et surtout grâce à cette infirmière exceptionnelle.
Françoise est en effet un personnage rêvé pour à la fois sa gouaille, son franc parler, son énergie mais aussi pour l’amour qu’elle porte à son métier et la passion qui l’anime pour l’exercer.
Elle est totalement dans ce que nous appelons « le care », la sollicitude envers les autres, tout en gardant toujours la distance nécessaire à son statut professionnel.

Elle parle de sa pratique et souligne que les politiques publiques peinent à valoriser un métier qui est beaucoup plus que les quelques actes de soins (il y a quantité d’autres tâches gratuites sans nomenclature et donc mal reconnues).
Le réalisateur explique qu’elle fait ce que tant d’autres ne font pas : parler, valoriser, bousculer parfois les âgé-e-s : « elle est un peu leur starter tous les matins », selon ses propres mots.

Aussi, l’infirmière déplore parfois l’incompréhension des proches, qui, d’un seul coup se retrouvant confrontés au vieillissement de leurs parents, sont totalement démunis.
De fait, le réalisateur espère, qu’avec le film qui dévoilera la vie des personnes âgées, « le regard du  spectateur en sera modifié».

Outre les scènes de soin, le film fera parler Françoise, qui commente souvent à la caméra ce qui vient de se passer, et interviewera aussi des patient-e-s : « Cela donne des moments géniaux d’interpellation », explique Olivier Ducray, « il n’y a pas plus direct dans leur expression que des personnes de 90 ans ».

Recherche de financement pour une sortie prévue au Printemps 2014
Côté finances, le film est produit mais pas encore totalement financé. Il est encore en recherche de sponsors. Assystel, société de téléassistance qui l’avait déjà accompagné sur « Champagne » s’est à nouveau investie. Le film est également soutenu par le groupe CBA et infirmiers.com. Le but, est donc que le film tourne en salles, des partenaires ont déjà exprimé le souhait d’organiser des débats, pour peut-être ensuite, pouvoir être acheté par une télé.

Le tournage se terminera le 31 décembre à 23h59, et devrait sortir mi-2014. On attend avec impatience de pouvoir vous en parler à sa sortie, pour rendre visible l’âge, les métiers formidables de l’aide à domicile, mais aussi parce qu’on espère qu’il tiendra les promesses de l’empathie du réalisateur et de Françoise, son personnage.
« Elle permet de parler de l’âge,  d’une façon qui certes, peut parfois faire froid dans le dos, mais aussi et surtout, est souvent touchante, et même drôle et positive », conclut Olivier Ducray.
Sandrine GOLDSCHMIDT

Publié le 17/06/2013

5 choses à ne jamais dire à une personne atteinte d’Alzheimer

Merci à Haldebarane Bougelot et Aude Roupsard C-la qui m’ont permis ce partage et merci au Huffington Post dont je reproduis ici l’articleMarie Marley

Auteur, spécialiste d’Alzheimer

5 choses à ne jamais dire à une personne atteinte d’Alzheimer

Publication: 02/08/2013 09h36

 

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Marie Marley, auteur du livre Come back early today

Hier après-midi, je suis entrée dans la chambre spacieuse de Mary, une femme atteinte de démence qui reçoit peu de visiteurs et avec qui je passe un peu de temps, bénévolement, chaque semaine.

Je me suis assise à sa petite table, surchargée de livres, de photos, de journaux et d’autres objets qu’elle veut garder à portée de main. J’ai d’abord saisi une photo encadrée de Mary, posant en compagnie de son mari et de ses trois enfants – deux fils et une fille.
« Parlez-moi de votre fille », ai-je demandé, utilisant une phrase ouverte qui ne suggérerait ni bonne ni mauvaise réponse. C’est une astuce que j’ai trouvée dans le livre The best friends approach to Alzheimer’s care (Soigner Alzheimer par la technique du meilleur ami), de Virginia Bell et David Troxell.

« Oh, elle s’appelle Connie, m’a-t-elle dit. Elle a quatre enfants – deux garçons et deux filles. » Elle a poursuivi, me donnant plusieurs détails sur Connie et sa famille. J’ai pris ensuite une photo de Mary avec sa sœur jumelle Bernice. Elle m’a expliqué qu’elles prenaient des leçons de piano ensemble quand elles étaient petites. Quelques minutes plus tard, je lui ai demandé si sa fille avait joué d’un instrument.
« Je n’ai pas de fille », a-t-elle déclaré, d’un ton neutre.
« Oh », ai-je insisté, me saisissant à nouveau de la photo de famille et la brandissant devant ses yeux. « Vous venez juste de me dire que vous aviez une fille. La voilà. »
Le visage de mary s’est décomposé. « Je suppose que j’ai une fille », a-t-elle dit très calmement.
Son embarras m’a fait de la peine, et je me suis reproché immédiatement d’avoir souligné son erreur. Je me suis rendu compte que je venais à l’instant de transgresser une des règles cardinales du comportement à adopter avec une personne atteinte de démence. Je venais de le lire le matin même, dans The best friends approach to Alzheimer’s care : « laissez-lui l’opportunité de sauver la face ».

Dans une discussion avec un malade d’Alzheimer, plusieurs règles de conduite s’imposent. Voici les cinq plus basiques, que je développerai par la suite : 1- ne lui dites pas qu’il a tort ; 2- ne pas le contredire ; 3- ne pas lui demander s’il se souvient de telle ou telle chose ; 4- ne pas lui rappeler que son conjoint, parent ou autre proche est mort et 5- ne pas évoquer de sujets qui pourraient le contrarier.

Ne lui dites pas qu’il a tort : pour permettre au malade de sauver la face, il vaut mieux ne pas le contredire ou le corriger s’il se trompe. Il n’y a aucune raison de faire ça. S’il est encore assez alerte, il se rendra compte de son erreur et se sentira mal. Même s’il ne comprend pas son erreur, le fait de le corriger pourrait le mettre dans l’embarras ou se révéler pénible.

Ne pas le contredire : contredire une personne atteinte de démence n’est jamais la solution. Premièrement, parce qu’on ne peut pas avoir le dessus. Et deuxièmement, parce que cela peut le contrarier ou le mettre en colère. J’ai appris il y a longtemps de cela, lorsque je prenais soin de Ed, mon bien-aimé Roumain, mon âme sœur, que la meilleure chose à faire est de simplement changer de sujet – de préférence pour quelque chose d’agréable qui retiendra son attention. De cette façon, il y a fort à parier qu’il oubliera le désaccord.

Ne pas lui demander s’il se souvient de telle ou telle chose : lorsque l’on discute avec un malade d’Alzheimer, il est tentant de lui demander s’il se souvient d’une personne ou d’un évènement. « Qu’as-tu mangé à midi ? », « Qu’as-tu fait ce matin ? », « Te souviens-tu qu’on a mangé des bonbons quand je t’ai rendu visite la semaine dernière ? », « Voici David. Tu te souviens de lui ? » Evidemment, il ne se souvient pas. Sinon, on ne lui aurait pas diagnostiqué la démence. Le fait d’avoir oublié quelque chose pourrait l’embarrasser ou le frustrer. Il vaut mieux dire : « Je me rappelle qu’on a mangé des bonbons la dernière fois. C’était délicieux. »

Ne pas lui rappeler qu’un proche est mort : il n’est pas rare qu’une personne atteinte de démence pense que son conjoint, parent ou autre proche est vivant alors qu’il est décédé. Le malade pourrait être désorienté ou blessé que la personne en question ne vienne pas lui rendre visite. Si quelqu’un l’informe que cette personne est morte, il pourrait ne pas le croire ou se fâcher. S’il le croit, il sera probablement très attristé par la nouvelle. Il est d’autant plus inutile de l’en informer qu’il est à même d’oublier rapidement l’information et de penser à nouveau que le proche est vivant. Il existe une exception à cette règle : si le malade demande si le proche est mort. Il vaut mieux alors lui donner une réponse honnête, même s’il l’oubliera dans peu de temps, puis de changer de sujet de conversation.

Ne pas évoquer de sujets qui pourraient le contrarier : il n’y a aucune raison d’évoquer un sujet si l’on sait qu’il va contrarier la personne. Si l’on n’est pas sur la même longueur d’ondes en politique, inutile d’en parler. C’est le meilleur moyen de déclencher une dispute, ce qui irait à l’encontre de la deuxième règle ci-dessus. Personne n’aura le dessus et le malade en ressentira colère et frustration.

Voilà pour les conseils. J’espère qu’ils vous seront utiles au moment de rendre visite à votre proche et vous permettront de passer un meilleur moment ensemble.

Marie Marley est l’auteur primée de Come back early today : a memoir of love, Alzheimer’s and joy. Une mine d’informations est aussi disponible sur son blog, comebackearlytoday.com.