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Un film passionnant sur l’éthique quotidienne en EHPAD

Un échange passionnant – un peu long 41 minutes mais je n’ai pas pu zapper ! à regarder en épluchant les légumes pour le pot-au-feu !

Sont abordés les thèmes du consentement, de la liberté d’entrer ou pas en EHPAD, d’aller et venir, de sortir pour boire de l’alcool, la sexualité pour une personne qui n’en saisit plus  tous les enjeux (si j’ose dire) mais qui s’y épanouit, les réactions des familles et comment les en informer éthiquement…

Ce film est tiré d’une rencontre entre les équipes de l’EHPAD Hérold et celle de l’Espace national de réflexion éthique sur la maladie d’Alzheimer.

Équipes de l’EHPAD :

Gilda BESSILA
Ajointe aux admissions

Liliane CAPELLE
Adjointe au Maire de Paris, chargée des seniors et du lien intergénérationnel

Ghislaine FONROSE
Aide-soignante

Diallo KUMBA
Animatrice

Joëlle PASANISI
Cadre de santé

Fatoumata SANÉ
Infirmière

Monique TERNOT
Famille

Patrice WATEAU
Cadre hôtelier

Nadira ZINE EL ABIDINE
Directrice de l’EHPAD

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Métier : diffuseur d’outils

Photo 3 du profil viadeo 5-11-2011Ma mère qui est en maison de retraite et qui souffre de la maladie d’Alzheimer,  me disait parfois, au début : « J’ai sonné la nuit dernière,  personne n’est venu. Nous ne sommes pas assez nombreuses, m’a dit l’infirmière ». (Pour elle, toutes celles qui portent une blouse sont « l’infirmière »)

Même si c’est vrai, quelle réponse affreuse à faire à une vieille femme qui appelle, dans la solitude de sa nuit : « Nous ne sommes pas assez nombreuses. »

Bien sûr cette réponse est sans doute exacte, et raisonnable, dans l’esprit de celle qui répondait ainsi. Mais une vieille personne fragilisée et désorientée est toujours dans l’émotion, jamais dans la raison, même dans les moments où elle nous paraît « raisonnable ». Elle a perdu cette capacité d’entendre raison. Quand elle appelle la nuit, elle est dans son émotion, sa peur, ou sa tristesse, sa solitude, ou son besoin immédiat quel qu’il soit. Quand elle entend cette terrible réponse « Nous ne sommes pas assez nombreuses », elle ne peut entendre qu’une chose : « Vous n’avez pas frappé à la bonne porte, ce n’est pas à moi qu’il faut parler…il n’y a personne au bout de la sonnette que vous avez tirée ! » Autrement dit , votre demande ne pourra pas être entendue.

D’accord, c’est une maladresse. Bien sûr on ne la supprimera pas, cette maladresse en se contentant de s’indigner, comme si ce boulot était facile. D’ailleurs ces aides-soignantes sont pleines de bonne volonté. Et le plus souvent, elles font très bien les choses. Mais comment trouver les bons mots ?… Il faut aider l’aide soignante qui dit ça à trouver une autre réponse. C’est le boulot de l’encadrement.

Un mot sur moi : ce deuxième métier que j’ai commencé tard est pour moi un métier de coeur.

Maman jardine
Maman jardine

Je le dédie aux nombreux soignants que je connais, dans l’EHPAD où est ma mère, et dans d’autres EHPAD, qui ne disent plus aux patients « nous ne sommes pas assez nombreux ». C’est vrai, ils ne sont pas assez nombreux. Mais leur générosité, alliée au travail collectif, et au professionnalisme des outils relationnels, fait une sacrée différence pour leurs patients. Pour ma mère, merci à eux.