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Quand générosité rime avec efficacité : une belle formation d’assistant de soin en gérontologie

Une belle formation au GRETA de la DRACENIE (Draguignan)

Une bouffée d’oxygène !

Des témoignages touchants d’aide-soignants, AMP… qui ont suivi cette formation. Celui de Valérie par exemple donne un exemple concret : le rasage d’un vieux monsieur atteint de parkinson. Comment Valérie a appris à valoriser le fait que le monsieur arrivait à se raser partiellement, comment elle l’a aidé à retrouver une estime de soi, et a rendu le sourire à sa femme.

Cela illustre plusieurs outils concrets qui permettent aux soignants et accompagnants de comprendre, de se positionner, d’être plus efficace en trouvant la bonne distance.

Vraiment ces témoignages filmés sont tellement authentiques, qu’ils apportent une bouffée d’oxygène !

Quand générosité rime avec efficacité…

 

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Ne m’oublie pas – un film sur la maladie d’Alzheimer sans pathos

http://www.rue89.com/rue89-culture/2013/09/25/moublie-maladie-dalzheimer-cinema-sans-pathos-246022

Un article de rue 89 avec une video

« Ne m’oublie pas » : la maladie d’Alzheimer au cinéma, sans pathos

Béatrice Moreno | Avocat à la Cour – Auteur

« Ne m’oublie pas » de David Sieveking (Farbfilm)

Filmer la maladie d’Alzheimer sans pathos était une gageure. Recevoir le grand prix de la semaine de la critique du Festival international du film de Locarno (2012) et être sélectionné dans de nombreux festivals (Leipzig, Rotterdam, Berlin et Sheffield) sur un tel sujet relevait de l’exploit.

Réalisateur allemand déjà reconnu pour son remarquable travail depuis de nombreuses années (sélection à Cannes pour « Die Amerikanische Botschaft » et sélection Berlinale pour « David Wants To Fly » à propos notamment de David Lynch), David Sieveking, confronté à la maladie de sa propre mère, décide de nous livrer, avec « Ne m’oublie pas », un film à mi-chemin entre l’œuvre cinématographique fictionnelle et le documentaire.

Voir la BANDE-ANNONCE DE « NE M’OUBLIE PAS »

Une mère extraordinaire

Installer une caméra chez sa mère malade et scénariser ce qu’est devenue la vie de cette « actrice improvisée » que la cohérence de l’activité humaine quitte à petit feu aurait pu nous entraîner dans un voyeurisme désagréable. Tel n’est pas le cas. Le personnage principal est si emblématique et la caméra si pudique et respectueuse que la fiction se rapproche de chaque plan.

Dans son malheur, la chance de David Sieveking est d’avoir eu une mère extraordinaire, ce qu’il va découvrir pour lui et ses proches avec le spectateur… En effet, si ce film est incontestablement un témoignage, il nous conte également une histoire, celle reconstituée et donc nécessairement réinventée de la flamboyante Gretel.

Noël en famille

Cela commence par le constat d’une maladie qui s’invite à la table d’un Noël en famille : un 24 décembre, Gretel déroute son entourage en ne servant qu’une soupe et en oubliant les cadeaux.

Le rituel social disparaît sous les effets du nénuphar ardent qu’elle a dans la tête. Le choc de la famille ne cessera de croître avec ce grignotage de matière grise à laquelle la lumineuse Gretel sera en proie pendant quelques années avant de disparaître.

En elle-même, la découverte de la maladie est presque un élément de fiction. C’est ainsi. Il y a des êtres qui attirent l’élégance et la fantaisie jusque dans leur déchéance.

Dès lors, David Sieveking, dont l’enfance fiche le camp avec la mémoire de sa mère qu’il refuse de concéder au néant, n’aura de cesse de s’arc-bouter sur les traces d’un passé qu’il méconnaît.

Ce fils attentif à cette vie qui s’amenuise ne sera pas déçu : tout le film va lui faire découvrir que Gretel fut sublimement belle et terriblement intelligente.

Engagée, militante, libertaire et mère attentive, Gretel a tout d’une héroïne presque racinienne.

Le film retrace cette vie hors de l’ordinaire et la reconstitution se fera grâce à la mémoire de son mari, de ses amis, de son journal intime, de ses photos… et de ses amants.

Personnalité complexe de la femme aimée

Le mari de Gretel, fatigué et aux prises avec les difficultés d’un quotidien qu’il trouvera de plus en plus lourd sans jamais se plaindre ouvertement, sera le premier à s’étonner à nouveau de la personnalité complexe de cette femme qu’il a aimée dans une sorte d’ambivalence, lui qui lui fut infidèle dans le cadre d’une disposition consentie entre les époux…

La découverte des pensées secrètes de sa femme, de ses souffrances ravalées, au travers de ce carnet secret fort bien tenu et si expressif le fera vaciller et l’obligera à revisiter l’histoire de son couple qui se construisit une vie finalement assez heureuse…

Si la maladie oublieuse du passé n’avait pas atteint Gretel, aurait-il pris connaissance de ces documents et appréhendé sa propre vie de la même manière ?

L’histoire du couple et de la famille de Gretel se reconstitue sous un prisme différent… la maladie déroute… l’œuvre cinématographique réhabilite et recrée.

Alors, pour quelles raisons devrait-on voir ce film qui porte l’estocade à ce qu’il y a de plus communément partagé par l’humanité, à savoir la peur, peur de mourir et peur de la maladie ?

L’intention du réalisateur n’est nullement de nous entraîner dans la crainte et la tristesse. Au contraire, son œuvre peut être comprise comme un véritable hymne à cette vie qu’il vaut finalement mieux dévorer.

Le spectateur pourra se demander tout le long du film si le fait que Gretel ait été une femme exceptionnelle rend la maladie acceptable ou encore plus injuste.

Réponse joyeuse à l’infortune

David Sieveking nous guide pour trouver la force d’une réponse joyeuse : la vie pleinement vécue est un remède contre l’inacceptable roue de l’infortune d’être malade puis de mourir, semble-t-il nous dire…

Enfin, il traite avec intelligence l’impact de la maladie sur l’entourage proche qui déploie de l’énergie, se perd souvent dans la candeur, s’abîme dans l’usure, et se résigne dans la douleur.

L’enfant devenu réalisateur redevenu enfant met en images les deuils successifs que les proches sont obligés de consentir à la vie qui se délite sous leurs yeux.

La marée montante de la maladie qui prépare l’être à son néant, lentement, insidieusement, de l’intérieur avant de l’emporter par une lame de fond insouciante, est filmée avec pertinence.

Pour autant, une chose essentielle est mise en exergue qui mérite d’être soulignée et qui rend ce film tout simplement beau : Gretel aimera les siens jusqu’au bout. L’amour de son mari et de ses enfants perdurera comme instinctif, basique, animal.

« Ne m’oublie pas » réussit son pari de nous toucher positivement et de nous interroger sur le sens que l’on donne à ce que l’on accomplit.

Un rappeur qui a du cœur… et des choeurs !

Merci à Christelle Gaudel et à www.aide-soignant.com    et à Vida Patience

Un rappeur qui a du cœur… et des choeurs !

« Pendant vos solitudes, j’vous apporte de la gaiété »… Vida, musicien rappeur, présente « Avec le temps » un clip au message de bientraitance envers nos aînés.

Vida musicien rappeur

« Quand dans vos solitudes j’vous apporte la gaieté,
Loin des turpitudes pour ne pas s’inquiéter,
Pour chasser l’ennui, ce n’est vraiment pas facile,
Puis après toute une vie, on devient très fragile… »

Vida est un musicien rappeur. Sensibilisé à la cause des personnes âgées, il a écrit une chanson intitulée « Avec le temps ». Cette chanson s’accompagne d’un clip tourné en 2011 dans une maison de retraite où Vida fait chanter les pensionnaires et s’appuie sur « Les choraleurs » qui reprennent en cœur le refrain…  Selon le musicien, « plus qu’un clip, c’est un long projet mené auprès de personnes âgées, sur un morceau leur rendant hommage, basé sur le respect et la bientraitance à leurs côtés pour ainsi ne pas oublier leur importance… »

A vous d’écouter… et de regarder !

http://www.aide-soignant.com/article/ressources/actualites/as/un-rappeur-qui-a-du-coeur-et-des-choeurs

Management : Amour, le secret de la qualité. Livre d’Yvon Mougin et Isabelle Aviet

mercredi 26 octobre 2011

Management : Amour, le secret de la qualité.


A propos du bouquin récemment écrit avec Isabelle AVIET et que vous avez déjà dévoré j’en suis sûr mais dont je rappelle quand même le titre qui est :
« Les services à la personne. Amour et management. Le secret de la qualité ».
Le mot amour employé dans la relation aux clients choque parfois quelques lecteurs, surtout dans activités de services à la personne. On y apprend très tôt à pratiquer l’empathie et à se garder de toute relation affective avec lesdits clients. Je rappelle que l’amour dont il est question dans le livre est de l’humanisme (la version grecque traduite de Agapè : amour universel et inconditionnel) et non une relation sentimentale, tendre ou amicale (la version traduite de Philia).
Parce que nous ne sommes pas les premiers à penser que l’amour (agapè) est un des secrets de la relation à l’autre (relation de service), je me suis amusé à retrouver quelques professions de foi d’écrivains ou d’auteurs presque aussi célèbres que nous.Camus (Albert) d’abord qui dans ses CAHIERS, souligne à plusieurs reprises que la morale trouve sa limite irréductible dans l’amour :
 » Si j’avais à écrire ici un livre de morale, il aurait cent pages et 99 seraient blanches. Sur la dernière, j’écrirais :  » Je ne connais qu’un seul devoir et c’est celui d’aimer.  »
Et puis, celle-ci imparable car issue de la bible (Galates) :
« Seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte pour vivre n’importe comment. Au contraire, laissez-vous guider par l’amour pour vous mettre au service les uns des autres. Car toute loi se résume dans ce seul commandement : « Aime ton prochain comme toi même » »
Si vous n’aimez pas vos clients après cela, je ne sais plus quoi faire !!!!
Publié par à 10:38

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Métier : diffuseur d’outils

Photo 3 du profil viadeo 5-11-2011Ma mère qui est en maison de retraite et qui souffre de la maladie d’Alzheimer,  me disait parfois, au début : « J’ai sonné la nuit dernière,  personne n’est venu. Nous ne sommes pas assez nombreuses, m’a dit l’infirmière ». (Pour elle, toutes celles qui portent une blouse sont « l’infirmière »)

Même si c’est vrai, quelle réponse affreuse à faire à une vieille femme qui appelle, dans la solitude de sa nuit : « Nous ne sommes pas assez nombreuses. »

Bien sûr cette réponse est sans doute exacte, et raisonnable, dans l’esprit de celle qui répondait ainsi. Mais une vieille personne fragilisée et désorientée est toujours dans l’émotion, jamais dans la raison, même dans les moments où elle nous paraît « raisonnable ». Elle a perdu cette capacité d’entendre raison. Quand elle appelle la nuit, elle est dans son émotion, sa peur, ou sa tristesse, sa solitude, ou son besoin immédiat quel qu’il soit. Quand elle entend cette terrible réponse « Nous ne sommes pas assez nombreuses », elle ne peut entendre qu’une chose : « Vous n’avez pas frappé à la bonne porte, ce n’est pas à moi qu’il faut parler…il n’y a personne au bout de la sonnette que vous avez tirée ! » Autrement dit , votre demande ne pourra pas être entendue.

D’accord, c’est une maladresse. Bien sûr on ne la supprimera pas, cette maladresse en se contentant de s’indigner, comme si ce boulot était facile. D’ailleurs ces aides-soignantes sont pleines de bonne volonté. Et le plus souvent, elles font très bien les choses. Mais comment trouver les bons mots ?… Il faut aider l’aide soignante qui dit ça à trouver une autre réponse. C’est le boulot de l’encadrement.

Un mot sur moi : ce deuxième métier que j’ai commencé tard est pour moi un métier de coeur.

Maman jardine
Maman jardine

Je le dédie aux nombreux soignants que je connais, dans l’EHPAD où est ma mère, et dans d’autres EHPAD, qui ne disent plus aux patients « nous ne sommes pas assez nombreux ». C’est vrai, ils ne sont pas assez nombreux. Mais leur générosité, alliée au travail collectif, et au professionnalisme des outils relationnels, fait une sacrée différence pour leurs patients. Pour ma mère, merci à eux.