Archives du mot-clé EHPAD

Prévenir la maltraitance

maltraitance

Un article de Médipages : Prévenir la maltraitance

Voir aussi  Habeo : des courts-métrages pour prévenir la maltraitance

Habeo, prévenir la maltraitance
Habeo, prévenir la maltraitance
Publicités

Un bon article de l’express, sur la sexualité en EHPAD

Un bon article de l’express, bien documenté, sur la sexualité en EHPAD.

Voir aussi l’article Un film passionnant sur l’éthique quotidienne en EHPAD

Cet article de l’express  pose bien le problème éthique (droit à l’intimité, droit à la sexualité, liberté) avec pas mal d’exemples intéressants. Et aussi le problème posé aux soignants (réactions des familles, tabou, protection du patrimoine…regard sur les vieux et la sexualité…)

EXTRAITS :

« Les grandes enquêtes sur la sexualité s’arrêtent à 69 ans. Après, c’est coucouche panier! »

« Ils ne se quittent pas de la journée, se cherchent dès qu’ils se perdent, les mains enlacées, glissant dans les couloirs, du matin au soir. Ils sont comme deux adolescents, sourires complices, regards infinis, assis tous les deux, là, sur le rebord du lit, chambre 312. »

« 95 % des personnes âgées viennent chez nous sans le vouloir, reprend Eric Seguin. Et elles y restent jusqu’à la fin. D’où l’importance de la tendresse, des besoins émotionnels, physiologiques. Nier cela est une maltraitance. »

 » d’autant plus qu’il nous faudra accueillir, dans dix ans, des soixante-huitards ou des homosexuels, qui auront une approche plus libérée »…

« Il y a quelques années, à la tête d’un foyer-logement, Eric Seguin admonestait un homme de 75 ans qui taquinait les fesses des infirmières, quand le vieux lui a dit : « C’est à cause de votre prédécesseur. Il m’a interdit de voir ma copine. » Une prostituée qu’il fréquentait depuis vingt ans… L’ancien directeur lui avait barré l’accès : « On n’est pas au bordel, ici. » Eric Seguin a autorisé la « copine » à revenir. En passant par les extérieurs… »

« Pour autant, il n’a pas de réponse toute faite : « Quel doit être le rôle de l’institution publique dans ce qu’elle peut apporter, autoriser? Doit-on faire semblant de ne pas voir?… »

Voir aussi l’article Un film passionnant sur l’éthique quotidienne en EHPAD

Gineste-Marescotti : une video

Une vidéo de Rosette Marescotti

Cette petite vidéo montre plusieurs outils de base pour communiquer. Bien fait et intéressant.

Une attitude de bientraitance dans tous les gestes du quotidien. Comment utiliser sa voix, le regard, douceur des gestes, rythme adapté des gestes et de la voix…

Ces outils  sont indispensables pour que la personne accompagnée se sente reconnue.

Je n’ai pas été formé par  l’Humanitude, mais avec l’APVAPA, une association qui au-delà  de la Validation Thérapy de Naomi Feil étend sa curiosité à tous  les outils qui peuvent permettre une communication humaine avec la personne accompagnée. Mes références sont François Blanchard, Louis Ploton, et pour les outils Marianne Hartmann. Honnêtement dans cette vidéo je ne vois pas de différence avec les outils que j’enseigne.

Il y a encore beaucoup d’autres outils utiles, sont-ils enseignés dans l’Humanitude je ne sais, mais ce que pratique ce courant me paraît très bien.

Il me paraît important que tous les soignants qui vont dans ce sens, tous les formateurs qui partagent cette philosophie du prendre soin, ou des philosophies proches, se rejoignent au-delà des chapelles.  Ce que je connais de l’humanitude va dans ce sens, c’est-à-dire vers la bientraitance, et c’est l’essentiel.

La validation de Naomi Feil, la clown Thérapie, l’art Thérapie, la danse thérapie, la musicothérapie, Snoezelen, Montessori… et d’autres méthodes quand elles sont bien pratiquées, c’est à-dire avec une intention honnête et un bon apprentissage, vont aussi dans ce sens. Ces méthodes l’une ou l’autre, ou plusieurs, sont nécessaires car sans ces méthodes, sans leurs outils, les soignants ou les aidants sont démunis et peuvent être involontairement maltraitants.

Une valeur ne vaut que si elle est pratiquée.

Les outils permettent de faire vivre les valeurs d’humanité et de respect de la personne. Sans outils, maladresse, maltraitance. Sauf bien sûr si la personne est douée et pratique les outils comme M. Jourdain pratiquait la prose : sans le savoir.

C comme… Contention … (article philosophique de Didier Martz)

C comme… Contention. La contention, dit le dictionnaire, est l’immobilisation d’un individu considéré comme dangereux à l’aide de camisole de force, de liens, d’attaches, de brassière ou de ceinture. Trop visible et contraire à l’éthique des droits de l’homme, la contention est de plus en plus remplacée par les neuroleptiques et les tranquillisants. Elle est pratiquée dans ces différentes formes dans les institutions psychiatriques et dans les maisons de retraite dites aussi résidence pour personnes âgées ou encore EHPAD, Etablissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes.

La contention des personnes âgées a toujours existé, au prétexte justement avancé qu’elles doivent être protégées. On peut remonter jusqu’à Hérode, et Bertrand Quentin, dans un article de la revue n°144 de la revue Gérontologie et Société de la Fondation Nationale de Gérontologie, nous invite à lire ou à relire les phrases suivantes de l’épilogue de l’Evangile selon Saint Jean : « Quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais ; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas ». Le souci, de tous les temps, de mettre en sécurité des individus menaçant pour eux-mêmes justifie qu’on les attache et qu’on les conduise là où « ils ne voudraient pas aller ». Qu’on substitue à la contention physique la contention chimique, une forme dure à une forme, semble-t-il, plus douce, ne change rien sur le fond sauf qu’avec la seconde on s’épargne les protestations d’un individu récalcitrant. Il n’empêche. Décider de contenir quelqu’un, concède Bertrand Quentin, est légitime lorsqu’on pense qu’il court un risque. Liberté ou sécurité, il faut choisir et dans ce cas la sécurité prévaut sur la liberté. Mais les choses évoluent nous dit-on, et c’est tant mieux.

La question de la contention devrait être élargie à l’ensemble de la société et nous conduire à une réflexion sur les rapports qu’entretiennent entre eux la sécurité et la liberté dans l’organisation de nos vies quotidiennes. Contenir, c’est aussi, nous dit encore le dictionnaire, retenir, modérer, réfréner comme on dit « réfréner des ardeurs », les tempérer. Contenir, c’est encore réprimer, contraindre ou enrayer. Ainsi, on contient l’ennemi, on réprime ses sentiments ou on calme l’indignation de quelques-uns, ou de plusieurs, pour les maintenir dans le devoir et l’obéissance.
Il n’est alors nul besoin de ceinture, de brassière ou de camisole. L’usage de tranquillisants peut y suffire. Les Français, d’après le rapport Zarifian, mandaté par le gouvernement, sont les champions du monde, je cite, « de consommation de tranquillisants avec 80 millions de boîtes par an ». Et particulièrement en Champagne-Ardenne.

Une technique plus récente, pratiquée dans la plupart des foyers et en particulier dans les EPHAD, consiste en l’adhérence « volontaire » – et animée d’une passion joyeuse non contenue – à des écrans. Ne dit-on pas « collé » ou « scotché » à l’écran ? Il s’agit de la contention télévisuelle. Ainsi va le monde !

Didier Martz, 21 novembre 2013.

Commenter sur cafedephilo@orange.fr
Écouter la chronique hebdomadaire « Ainsi va le monde » sur : RCF Reims Ardennes le jeudi à 18 h 24, le vendredi à 11 h 56 ou la réécouter sur : http://www.rcf reims-ardennes/Emission/ainsi va le monde ou bien sur Radio Primitive 92.4 en FM le mardi à 14h, vendredi à 9h et samedi à 7h30 ou en podcast
Retrouver toutes les chroniques sur : www.cyberphilo.org

Une expérimentation en Corrèze : l’EHPAD à la maison

http://www.reseau-alzheimer.org/index.php?option=com_content&view=article&id=2564%3Aun-ehpad-a-la-maison&catid=32&Itemid=60

merci pour le partage à Réseau Alzheimer

Expériences innovantes :

Un « EHPAD à la maison »

M@do, c’est le nom d’un dispositif d' »EHPAD à la maison », expérimenté en Limousin, dans le bassin de Tulle, en Corrèze, grâce à la Fondation Caisse d’épargne pour la solidarité (FCES).

Le projet, dont le fil conducteur est de préserver l’autonomie, vise une prise en charge globale à domicile sur le long terme, ce qui le distingue de l’hospitalisation à domicile. Un gestionnaire de cas sera l’interlocuteur unique.

Ce nouveau concept est né de l’analyse des appels reçus par la plateforme de téléassistance de la Fondation déjà présente en Limousin, explique Evelyne Sancier, la directrice du projet assistance à l’autonomie à la Fondation, interrogée par Hospimedia. Par ce biais, plusieurs points ont été mis en évidence, comme un degré d’angoisse important des personnes âgées prises en charge à domicile, une absence de garde itinérante la nuit, un maintien à domicile complexe d’un point de vue administratif, certaines entrées brutales en établissement… C’est à partir de ce bilan, et après trois années de réflexion, que le projet M@do est né.

Opérationnelle depuis janvier 2013, l’expérimentation est autorisée par l’ARS Limousin pour trois ans et pour 40 personnes.

Déjà une dizaine de patients, adressés par la filière gériatrique hospitalière du secteur ou le service Aide personnalisée à l’autonomie (APA) de la Corrèze, en bénéficient.

Dans ce dispositif qui inverse les logiques, les services de l’EHPAD sont transposés à domicile.

On ne parle dès lors plus de projet d’établissement mais de projet de vie, souligne Evelyne Sancier. La plateforme de téléassistance aura un rôle central et coordonnateur dans ce programme, qui fait intervenir la domotique pris dans une gamme de capteurs liés aux pathologies des patients et à leur environnement.

En outre, une équipe de 22 professionnels (soignant, aide-soignant, aide médico-psychologique pour moitié) œuvrent au service des personnes âgées, qui disposent dans ce cadre d’une garde itinérante 24h/24 et 7j/7. Un partenariat avec les associations locales contribue enfin à l’animation du projet.

M@do est non seulement un concept innovant mais il ambitionne aussi de faire émerger un nouveau modèle économique, insiste Evelyne Sancier. Ambitieux, le projet affiche en effet un coût journalier de 50 euros (hors soins). La dotation soins, elle, est allouée par l’ARS et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) à hauteur de 500 000 euros annuel. Et le Conseil général de Corrèze de soutenir le projet via l’APA.

Source : Egora.fr, le 05 mars 2013

Un rappeur qui a du cœur… et des choeurs !

Merci à Christelle Gaudel et à www.aide-soignant.com    et à Vida Patience

Un rappeur qui a du cœur… et des choeurs !

« Pendant vos solitudes, j’vous apporte de la gaiété »… Vida, musicien rappeur, présente « Avec le temps » un clip au message de bientraitance envers nos aînés.

Vida musicien rappeur

« Quand dans vos solitudes j’vous apporte la gaieté,
Loin des turpitudes pour ne pas s’inquiéter,
Pour chasser l’ennui, ce n’est vraiment pas facile,
Puis après toute une vie, on devient très fragile… »

Vida est un musicien rappeur. Sensibilisé à la cause des personnes âgées, il a écrit une chanson intitulée « Avec le temps ». Cette chanson s’accompagne d’un clip tourné en 2011 dans une maison de retraite où Vida fait chanter les pensionnaires et s’appuie sur « Les choraleurs » qui reprennent en cœur le refrain…  Selon le musicien, « plus qu’un clip, c’est un long projet mené auprès de personnes âgées, sur un morceau leur rendant hommage, basé sur le respect et la bientraitance à leurs côtés pour ainsi ne pas oublier leur importance… »

A vous d’écouter… et de regarder !

http://www.aide-soignant.com/article/ressources/actualites/as/un-rappeur-qui-a-du-coeur-et-des-choeurs

Au nom de quoi accompagnons-nous les malades d’Alzheimer ?

Michel Billé
Michel Billé

Une  conférence de Michel Billé auprès d’Ama Diem, le 21 janvier 2012

Michel Billé, sociologue, spécialiste des questions du vieillissement dans nos sociétés, nous interroge sur les valeurs qui motivent nos actions vis-à-vis des vieux.

Ama Diem est une association qui accompagne des malades d’Alzheimer jeunes, en s’inspirant de l’approche de Carpe Diem, qui repense complètement l’accompagnement des malades d’Alzheimer.

Comment imaginer proposer à un malade d’Alzheimer âgé mettons de 40 ans, les maisons de retraites actuelles comme seule perspective !

C’est impensable bien sûr. Déjà pour un vieux, ce n’est pas terrible, de se retrouver là dedans, entouré que de vieux…alors un jeune pensez ! Il faut donc repenser tout cet accompagnement.

Résumé du début de l’intervention de Michel Billé :

« Dans le couloir du long séjour, ils attendent la mort, et l’heure du repas. » (Christian Bobin, la présence pure)

La maladie, quelle qu’elle soit, a toujours pour effet de nous confronter aux questions essentielles que nous portons les uns et les autres tout au long de notre vie. Et ces questions essentielles, elle parlent finalement de quoi : de vie, de mort, d’amour, de relation, du sens que l’on donne à tout ça, de nos croyances, ou de notre foi, et au-delà de tout ça du sens que nous essayons de donner ou de reconnaître à notre vie, à la vie, à nos vies.

Contrairement aux apparences, ces questions je crois qu’elles sont parfaitement concrètes… il s’agit au fond de ce qui fait que nous nous levons le matin, il s’agit des valeurs qui nous poussent à agir, il s’agit de ce qui fait que notre vie vaut la peine d’être vécue, à nos propres yeux.

 

Il est nécessaire d’inventer de nouvelles formes d’accompagnement, de dire sur quelle bases et donc quelle est la philosophie sous-jacente, la conception de l’action sur laquelle on voudrait travailler.

C’est d’abord un certain regard porté sur les malades et la maladie. Non, ils ne sont pas déments. Ça suffit, ils ne sont pas déments, ils sont malades, et nous devons chasser de notre vocabulaire ce terme horrible de démence qui sonne plus comme un verdict, une condamnation, que comme un diagnostic.

Est dément, au sens étymologique, celui que son esprit a quitté.

Tous ceux qui travaillent, tous ceux qui vivent avec des malades d’Alzheimer savent au contraire qu’ils ont qu’une activité mentale intense et continue, éventuellement désordonnée peut-être, même si  cette activité nous paraît à nous décalée, inadaptée, sans effet.

« Le nom d’Alzheimer résonne comme le nom d’un savant fou et cruel, qui permet aux médecins de dire qu’ils savent ce qu’ils font, même quand ils ne font rien. » (Christian Bobin, la présence pure)

Il nous faut changer notre regard sur les symptômes : ce n’est pas parce que je n’en perçois pas le sens qu’ils n’ont pas de sens.