Archives du mot-clé Bientraitance

Gineste-Marescotti : une video

Une vidéo de Rosette Marescotti

Cette petite vidéo montre plusieurs outils de base pour communiquer. Bien fait et intéressant.

Une attitude de bientraitance dans tous les gestes du quotidien. Comment utiliser sa voix, le regard, douceur des gestes, rythme adapté des gestes et de la voix…

Ces outils  sont indispensables pour que la personne accompagnée se sente reconnue.

Je n’ai pas été formé par  l’Humanitude, mais avec l’APVAPA, une association qui au-delà  de la Validation Thérapy de Naomi Feil étend sa curiosité à tous  les outils qui peuvent permettre une communication humaine avec la personne accompagnée. Mes références sont François Blanchard, Louis Ploton, et pour les outils Marianne Hartmann. Honnêtement dans cette vidéo je ne vois pas de différence avec les outils que j’enseigne.

Il y a encore beaucoup d’autres outils utiles, sont-ils enseignés dans l’Humanitude je ne sais, mais ce que pratique ce courant me paraît très bien.

Il me paraît important que tous les soignants qui vont dans ce sens, tous les formateurs qui partagent cette philosophie du prendre soin, ou des philosophies proches, se rejoignent au-delà des chapelles.  Ce que je connais de l’humanitude va dans ce sens, c’est-à-dire vers la bientraitance, et c’est l’essentiel.

La validation de Naomi Feil, la clown Thérapie, l’art Thérapie, la danse thérapie, la musicothérapie, Snoezelen, Montessori… et d’autres méthodes quand elles sont bien pratiquées, c’est à-dire avec une intention honnête et un bon apprentissage, vont aussi dans ce sens. Ces méthodes l’une ou l’autre, ou plusieurs, sont nécessaires car sans ces méthodes, sans leurs outils, les soignants ou les aidants sont démunis et peuvent être involontairement maltraitants.

Une valeur ne vaut que si elle est pratiquée.

Les outils permettent de faire vivre les valeurs d’humanité et de respect de la personne. Sans outils, maladresse, maltraitance. Sauf bien sûr si la personne est douée et pratique les outils comme M. Jourdain pratiquait la prose : sans le savoir.

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C comme… Contention … (article philosophique de Didier Martz)

C comme… Contention. La contention, dit le dictionnaire, est l’immobilisation d’un individu considéré comme dangereux à l’aide de camisole de force, de liens, d’attaches, de brassière ou de ceinture. Trop visible et contraire à l’éthique des droits de l’homme, la contention est de plus en plus remplacée par les neuroleptiques et les tranquillisants. Elle est pratiquée dans ces différentes formes dans les institutions psychiatriques et dans les maisons de retraite dites aussi résidence pour personnes âgées ou encore EHPAD, Etablissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes.

La contention des personnes âgées a toujours existé, au prétexte justement avancé qu’elles doivent être protégées. On peut remonter jusqu’à Hérode, et Bertrand Quentin, dans un article de la revue n°144 de la revue Gérontologie et Société de la Fondation Nationale de Gérontologie, nous invite à lire ou à relire les phrases suivantes de l’épilogue de l’Evangile selon Saint Jean : « Quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais ; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas ». Le souci, de tous les temps, de mettre en sécurité des individus menaçant pour eux-mêmes justifie qu’on les attache et qu’on les conduise là où « ils ne voudraient pas aller ». Qu’on substitue à la contention physique la contention chimique, une forme dure à une forme, semble-t-il, plus douce, ne change rien sur le fond sauf qu’avec la seconde on s’épargne les protestations d’un individu récalcitrant. Il n’empêche. Décider de contenir quelqu’un, concède Bertrand Quentin, est légitime lorsqu’on pense qu’il court un risque. Liberté ou sécurité, il faut choisir et dans ce cas la sécurité prévaut sur la liberté. Mais les choses évoluent nous dit-on, et c’est tant mieux.

La question de la contention devrait être élargie à l’ensemble de la société et nous conduire à une réflexion sur les rapports qu’entretiennent entre eux la sécurité et la liberté dans l’organisation de nos vies quotidiennes. Contenir, c’est aussi, nous dit encore le dictionnaire, retenir, modérer, réfréner comme on dit « réfréner des ardeurs », les tempérer. Contenir, c’est encore réprimer, contraindre ou enrayer. Ainsi, on contient l’ennemi, on réprime ses sentiments ou on calme l’indignation de quelques-uns, ou de plusieurs, pour les maintenir dans le devoir et l’obéissance.
Il n’est alors nul besoin de ceinture, de brassière ou de camisole. L’usage de tranquillisants peut y suffire. Les Français, d’après le rapport Zarifian, mandaté par le gouvernement, sont les champions du monde, je cite, « de consommation de tranquillisants avec 80 millions de boîtes par an ». Et particulièrement en Champagne-Ardenne.

Une technique plus récente, pratiquée dans la plupart des foyers et en particulier dans les EPHAD, consiste en l’adhérence « volontaire » – et animée d’une passion joyeuse non contenue – à des écrans. Ne dit-on pas « collé » ou « scotché » à l’écran ? Il s’agit de la contention télévisuelle. Ainsi va le monde !

Didier Martz, 21 novembre 2013.

Commenter sur cafedephilo@orange.fr
Écouter la chronique hebdomadaire « Ainsi va le monde » sur : RCF Reims Ardennes le jeudi à 18 h 24, le vendredi à 11 h 56 ou la réécouter sur : http://www.rcf reims-ardennes/Emission/ainsi va le monde ou bien sur Radio Primitive 92.4 en FM le mardi à 14h, vendredi à 9h et samedi à 7h30 ou en podcast
Retrouver toutes les chroniques sur : www.cyberphilo.org

Nicole Poirier : les prisonniers mieux traités que les malades d’Alzheimer

Nicole Poirier, la fondatrice de Carpe Diem
Nicole Poirier, la fondatrice de Carpe Diem

Au Québec. La fondatrice de Carpe Diem pousse un coup de gueule

Ayant participé à la Commission de la santé et des services sociaux sur le projet de loi concernant les soins en fin de vie, Mme Poirier insiste sur l’importance d’améliorer les conditions de vie et le soutien aux familles des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. «Je dis oui à la recherche et oui au dépistage, mais il ne faut pas oublier ceux qui sont présentement atteints», répète-t-elle.

Par ailleurs, Nicole Poirier est un peu troublée de constater que le gouvernement veuille favoriser le diagnostic précoce avant même que la maladie soit déclarée… alors qu’il n’existe aucun traitement curatif.  «Être proactif, c’est aussi savoir prévoir et répondre aux besoins des personnes qui combattent la maladie pendant plusieurs années à la suite du diagnostic», plaide-t-elle.

Un rappeur qui a du cœur… et des choeurs !

Merci à Christelle Gaudel et à www.aide-soignant.com    et à Vida Patience

Un rappeur qui a du cœur… et des choeurs !

« Pendant vos solitudes, j’vous apporte de la gaiété »… Vida, musicien rappeur, présente « Avec le temps » un clip au message de bientraitance envers nos aînés.

Vida musicien rappeur

« Quand dans vos solitudes j’vous apporte la gaieté,
Loin des turpitudes pour ne pas s’inquiéter,
Pour chasser l’ennui, ce n’est vraiment pas facile,
Puis après toute une vie, on devient très fragile… »

Vida est un musicien rappeur. Sensibilisé à la cause des personnes âgées, il a écrit une chanson intitulée « Avec le temps ». Cette chanson s’accompagne d’un clip tourné en 2011 dans une maison de retraite où Vida fait chanter les pensionnaires et s’appuie sur « Les choraleurs » qui reprennent en cœur le refrain…  Selon le musicien, « plus qu’un clip, c’est un long projet mené auprès de personnes âgées, sur un morceau leur rendant hommage, basé sur le respect et la bientraitance à leurs côtés pour ainsi ne pas oublier leur importance… »

A vous d’écouter… et de regarder !

http://www.aide-soignant.com/article/ressources/actualites/as/un-rappeur-qui-a-du-coeur-et-des-choeurs

Au nom de quoi accompagnons-nous les malades d’Alzheimer ?

Michel Billé
Michel Billé

Une  conférence de Michel Billé auprès d’Ama Diem, le 21 janvier 2012

Michel Billé, sociologue, spécialiste des questions du vieillissement dans nos sociétés, nous interroge sur les valeurs qui motivent nos actions vis-à-vis des vieux.

Ama Diem est une association qui accompagne des malades d’Alzheimer jeunes, en s’inspirant de l’approche de Carpe Diem, qui repense complètement l’accompagnement des malades d’Alzheimer.

Comment imaginer proposer à un malade d’Alzheimer âgé mettons de 40 ans, les maisons de retraites actuelles comme seule perspective !

C’est impensable bien sûr. Déjà pour un vieux, ce n’est pas terrible, de se retrouver là dedans, entouré que de vieux…alors un jeune pensez ! Il faut donc repenser tout cet accompagnement.

Résumé du début de l’intervention de Michel Billé :

« Dans le couloir du long séjour, ils attendent la mort, et l’heure du repas. » (Christian Bobin, la présence pure)

La maladie, quelle qu’elle soit, a toujours pour effet de nous confronter aux questions essentielles que nous portons les uns et les autres tout au long de notre vie. Et ces questions essentielles, elle parlent finalement de quoi : de vie, de mort, d’amour, de relation, du sens que l’on donne à tout ça, de nos croyances, ou de notre foi, et au-delà de tout ça du sens que nous essayons de donner ou de reconnaître à notre vie, à la vie, à nos vies.

Contrairement aux apparences, ces questions je crois qu’elles sont parfaitement concrètes… il s’agit au fond de ce qui fait que nous nous levons le matin, il s’agit des valeurs qui nous poussent à agir, il s’agit de ce qui fait que notre vie vaut la peine d’être vécue, à nos propres yeux.

 

Il est nécessaire d’inventer de nouvelles formes d’accompagnement, de dire sur quelle bases et donc quelle est la philosophie sous-jacente, la conception de l’action sur laquelle on voudrait travailler.

C’est d’abord un certain regard porté sur les malades et la maladie. Non, ils ne sont pas déments. Ça suffit, ils ne sont pas déments, ils sont malades, et nous devons chasser de notre vocabulaire ce terme horrible de démence qui sonne plus comme un verdict, une condamnation, que comme un diagnostic.

Est dément, au sens étymologique, celui que son esprit a quitté.

Tous ceux qui travaillent, tous ceux qui vivent avec des malades d’Alzheimer savent au contraire qu’ils ont qu’une activité mentale intense et continue, éventuellement désordonnée peut-être, même si  cette activité nous paraît à nous décalée, inadaptée, sans effet.

« Le nom d’Alzheimer résonne comme le nom d’un savant fou et cruel, qui permet aux médecins de dire qu’ils savent ce qu’ils font, même quand ils ne font rien. » (Christian Bobin, la présence pure)

Il nous faut changer notre regard sur les symptômes : ce n’est pas parce que je n’en perçois pas le sens qu’ils n’ont pas de sens.

Ama diem : les malades d’Alzheimer jeunes réinventent la maison de retraite

Nicole Poirier Instigatrice  de Carpe diem
Nicole Poirier
Instigatrice
de Carpe diem

 

Fleur d'ama diem
Fleur d’ama diem

 

AMA DIEM : Aime le jour, malgré et avec la maladie…

 

 

 

Une association pour l’accompagnement des personnes jeunes atteintes par la maladie d’Alzheimer (et maladies apparentées) et de leurs familles

  • AMA Diem
    • Pose un regard différent sur la personne, orienté sur ses forces et ses ressources, plutôt que sur ses déficits et ses pertes,
    • Aide ces personnes jeunes et leurs familles, en cherchant avec elles des solutions adaptées à leurs besoins,
    • Développe une approche humaine d’accompagnement privilégiant la relation.
  • Nos valeurs
    • Empathie, respect de l’identité de la personne, écoute, partage, accueil de la fragilité, vie!
  • Notre projet phareUn accompagnement adapté au besoin,
    sans rupture jusqu’au bout de la vie
    grâce à une première Maison innovante en Isère :

    Fleur d'ama diem
    Fleur d’ama diem


    un véritable lieu de vie,
    externalisant une partie des intervenants
    au domicile des personnes,
    invitant ces personnes
    dans la journée ou en soirée,
    pouvant devenir leur nouveau domicile,
    facilitant les liens avec la famille et les proches,
    permettant à chacun de conserver sa place
    dans la société,
    de se sentir respecté, aimé, utile, vivant!

  • Nos moyens
    • Projet expérimental répondant aux besoins identifiés par le plan Alzheimer 2012 pour l’hébergement des personnes jeunes touchées par la maladie
    • Soutenu par le Conseil Général de l’Isère, l’ARS Rhône-Alpes, le Ministère et par Carpe Diem et sa fondatrice, Nicole Poirier, au Québec
    • Partenaire des acteurs clés du domaine (France Alzheimer, CNRMAJ, CHU/CMRR, Fondation Médéric-Alzheimer, …)

Conférence de Nicole Poirier à Ama diem

Visionner ici la conférence de Nicole Poirier à Ama diem le 21 janvier 2012

Nicole Poirier Instigatrice  de Carpe diem
Nicole Poirier
Instigatrice
de Carpe diem

http://www.amadiem.fr/conf%C3%A9rence-ama-diem-nicole-poirier-21-janvier-2012

Voir sur ce blog un article sur les  Jardins d’Aloïs qui s’inspirent de cette  démarche, près de Nîmes

https://pierrebouthiercoach.wordpress.com/2014/01/12/les-jardins-dalois-a-nimes-un-accueil-de-jour-comme-a-la-maison-inspire-de-carpe-diem/

et aussi un article avec un beau film de Carpe Diem au Quebec

Voici aussi pour mieux les connaître le lien direct de cette belle organisation au Québec :

http://alzheimercarpediem.com/