Archives du mot-clé Bientraitance

Les aidants et le poids de la culpabilité

Merci à Christelle Gaudel et à Entre Aidants

http://www.entreaidants.fr/articles/le-poids-de-la-culpabilite

Le poids de la culpabilité

Vous pensez ne pas être à la hauteur ou pas assez présent ? Difficile d’éviter la culpabilité inhérente à votre situation d’aidant. Voici quelques conseils pour aborder sereinement la relation avec votre proche.

La culpabilité : un sentiment du quotidien

Tous les aidants sont confrontés à la culpabilité. Cela est normal, vous êtes au centre d’une relation inégale entre aidant et aidé. La culpabilité de l’aidant peut se traduire par un sentiment de frustration, de dévalorisation : vous pensez ne pas être à la hauteur, vous avez l’impression de ne pas faire correctement les choses, vous éprouvez le regret d’avoir mené ou pas une action, vous pouvez aussi ressentir un doute sur une décision prise… Ce sentiment de culpabilité peut aussi naître du ressentiment éprouvé envers votre proche. La manipulation ou le chantage « affectif » utilisés par l’aidé peuvent mettre en colère l’aidant

Évacuez les mauvaises pensées

Évacuez les sentiments culpabilisants.

  • Vous n’avez pas à vous sentir coupable d’être en bonne santé tandis que votre proche est malade. Il est normal de continuer à prendre aussi soin de soi. C’est en préservant votre santé que vous pourrez assumer au mieux votre rôle.
  • De même il est parfaitement compréhensible de se sentir gêné face aux comportements « anormaux » de votre proche qui sont liés à sa maladie. Prenez du recul, éloignez-vous quelques instant de votre proche si vous manifestez de l’énervement ou de l’agacement envers lui : c’est une réaction ponctuelle qui ne remet pas en cause les liens d’affection qui vous unissent.
  • Octroyez vous le droit de le quitter quelques heures ou quelques jours, de solliciter l’intervention d’un tiers : le répit est nécessaire à votre équilibre et vous n’y arriverez pas sans aide extérieure. Ne croyez pas que vous baissez les bras en faisant une pause : elle est salutaire pour construire une relation dans la durée avec votre proche. Sur le long terme, il est légitime de fixer une limite à ses responsabilités d’aidant et d’envisager un placement en établissement.

Etre soi-même

S’occuper d’un parent dépendant ne signifie pas d’être obligé de se conformer à toutes les attentes du patient. N’hésitez pas à dire non et si cela est nécessaire à remettre en cause « l’autorité parentale ». Vous êtes légitimement le plus apte à prendre les décisions, agissez sans culpabiliser. Informez néanmoins vote proche du pourquoi de vos décisions.

S’appuyer sur le cercle familial

Que faire quand votre entourage vous reproche de ne pas faire les bons choix ? Vous avez droit à l’erreur, d’autant que c’est inévitable pour progresser. N’hésitez pas à réunir un conseil de famille pour réétudier la répartition des tâches et confronter chacun à ses responsabilités. Arrêtez de prendre sur vous et affrontez les critiques, les reproches en contrôlant vos émotions. C’est l’occasion de faire connaître ses craintes, son ressentiment, sa sensibilité. L’émotion de tristesse devant votre proche gravement malade n’est pas un problème : le problème serait son refoulement à travers un sentiment de honte ou de culpabilité.

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Redonner de l’appétit aux personnes âgées

Autour des aidants sur Facebook
Autour des aidants – voir aussi sur Facebook

Dans le blog Autour des Aidants :

Redonner de l’appétit aux personnes âgées

Il se peut que quelques fois, les personnes que vous accompagnez n’aient pas envie de déjeuner, refusent ce que vous leur proposer. Vous vous sentez alors désemparés. Il est important dans un premier temps, de parler de cela avec son médecin traitant, il pourra également vous aider. Nous allons aujourd’hui vous donnez six clés afin de stimuler les personnes et leur redonner l’envie de manger !

1) Respectez les goûts de la personne : en effet, même si vous avez envie de lui faire découvrir de nouvelles recettes, les personnes âgées sont souvent ancrées dans des habitudes, elles ont leurs repères. La nourriture en fait partie. Si la personne refuse, n’insistez pas et proposez-lui des choses qu’elle a l’habitude de manger et qui lui plaisent. Des repas classiques sont souvent plus appréciés. Mais encore une fois, tout dépend des personnes, tout le monde est unique, il est important de s’en rendre compte et de se renseigner sur les goûts afin d’adapter ses menus.

2) Mettre la personne à l’aise : s’il s’agit d’une personne dépendante, il est important de vérifier si tous ses besoins sont respectés avant de passer à table. Si la personne est mal installée, si elle a besoin d’être changée, ou de passer aux toilettes, forcément, elle passera un mauvais repas et cela ne l’incitera pas a manger. Il est donc important de s’assurer que la personne soit bien et ne manque de rien . De plus, peut-être que la personne préfère manger seule etc… il faut vraiment prendre tout cela en compte et surtout ne pas avoir de comportement infantilisant. Le repas doit être un moment de détente et de plaisir pour la personne.

3) Une jolie présentation est souvent appréciée. De beaux couverts, une assiette bien présentée avec de la couleur, tout ceci rend le plat beaucoup plus appétissant ! De plus, la personne se sent considérée si on prend le temps de bien présenter les choses pour elle !

4) Mettre du goût aux plats : avec l’âge, les personnes ont souvent des pertes d’odorat et goût. Il est donc important de relever un peu les plats selon, bien entendu, les préférences des personnes. Vous pouvez donc ajouter certaines épices, des aromates…

5) Adaptez la nourriture à la personne : si la personne a du mal a mâcher, voir avec son médecin les différentes possibilités (le mixé, le haché…), si la personne déambule, vous pouvez tester le finger food !

6) Tentez de la cuisine « rétro » ! Parlez avec la personne des plats qu’elle mangeait durant son enfance, demandez lui les recettes de ses plats, cela lui fera sans doute plaisir d’y re-goûter et de partager cela avec les autres !

Il est important dans tout cela, de respecter le régime initial de la personne vu médicalement.

Nous espérons que cet article aura pu vous aider ! N’hésitez pas à partager votre expérience et vos astuces en commentaire !

Maltraitance pour l’aidant, maltraitance pour l’aidé

Quand les médecins des urgences ignorent l’aidant… Un témoignage sur la « maltraitance passive » qui n’est pas acceptable

Alzheimer : la société, c’est-à-dire les gens, nous, ne veut pas en entendre parler, du moins pour essayer ce qui serait utile au quotidien.

On reste dans les grandes incantations : surtout ne pas vieillir, ne pas avoir ça, vivement le traitement, et bien sûr la prévention et la prédiction de la maladie : une annonce de nouveau traitement ou de nouvelle possibilité de prédiction chaque semaine… mais quoi faire au quotidien pour être humain, ça, c’est une autre histoire. Bref, on est dans le déni.

Témoignage emprunté à Equitépourlesaidants et Henri Régine sur Facebook

Maltraitance pour l’aidant, maltraitance pour l’aidé: quand les médecins des urgences ignorent l’aidant… Un témoignage sur la « maltraitance passive » qui n’est pas acceptable… Voici le message de Yoyo: Vendredi dernier mon téléphone portable à soné avec insistance à 7 h du matin…tiens, bizarre, me suis-je dis… Lorsque j’ai vu l’adresse de la maison de retraite s’afficher sur le téléphone mon coeur s’est décroché dans ma poitrine !! Une infirmière au bout du fil me dit que mon mari à fait une chute et qu’il est aux urgences de l’hôpital. Dix minutes plus tard j’étais là -bas. Je l’ai trouvé seul sur un brancard, dans un box, on l’avait dévêtu, il n’avait qu’une petite chemise en coton qui lui arrivait à la taille, il était seul et lorsque j’ai vu le bulletin d’admission aux urgences je me suis aperçu qu’il était là, seul, depuis 5 h du matin !! il grelottai. J’ai vite enlevé mon manteau pour le couvrir. L’urgentiste est revenu pour lui poser des questions auxquelles, bien sur, mon mari est incapable de répondre.. J’avais beau dire au médecin « mon mari est en stade final d’Alzheimer, il ne peut pas vous répondre » c’était peine perdue. Le médecin insistait. N’ayant aucune réponse le médecin nous à fait monter avec le brancard au service scanner-radiologie, et là … Même embargo : j’explique au radiologue que je dois venir avec mon mari, qu’il ne peut pas s’expliquer vu son handicap… On m’a empêché de rentrer au service radiologie, mais par contre dans la salle d’attente qui se trouve juste à côté j’ai bien entendu le radiologue dire à mon mari ; « lever les bras, où avez-vous mal Monsieur?? » j’en aurai pleuré. Que faut-il faire pour que le personnel médical comprenne ? Après cet examen nous sommes redescendu au service des urgences, et nous revoilà dans le box, non loin du staff des infirmières. Je ne savais toujours pas ce qu’avait mon mari. Un médecin à pris un dossier (d’où j’étais placé, je voyais tout car le staff est une pièce vitrée ouverte) et à dit tout fort ; « alors là !! celui -là il n’a pas de chance ; c’est un Alzheimer, bipolaire, asthmatique chronique et…Il vient de se casser le col du fémur !! » C’est comme ça que j’ai appris que mon mari avait une fracture du col du fémur. Sans commentaire. Je ne me suis même pas rebellé, en d’autres temps croyez moi tout le staff m’aurait entendu. Je n’ai plus le courage. Depuis 5 h du matin, mon mari n’avait même pas eu de traitement contre la douleur et à 11 h 45 nous étions toujours dans le box des urgences… Il à été admis en chambre vers midi. Je vous passe des détails qui font froid dans le dos, mais mon mari n’a été opéré que le lundi. Aucun chirurgien le w.end…Il est rentré au bloc opératoire à midi et on l’a remonté en chambre vers 17 h. Je ne vous décris pas le degré d’angoisse dans lequel je me trouvais. Après l’opération il était attaché, pour parler avec plus de nuance : »maintenu  » (ce qui revient au même), car vu qu’il ne comprenait absolument pas pourquoi il était là il voulait partir et bien sur le personnel ne peut pas gérer ce genre de situation. Je suis resté avec lui tous les jours jusqu’à 20 h 30 heures où on doit partir. Aujourd’hui entre midi et deux heures, il a été transféré à la maison de retraite en ambulance, il criait de douleur sur le brancard… Lorsque nous sommes arrivés à la maison de retraite j’ai bien vu au regard étonné des aides-soignantes que quelque chose n’allait pas : en fait l’hôpital ne les avait pas prévenu du retour de mon mari… Aucune transmission non plus sur une prise ou non d’anti-douleur. L’infirmière de la maison de retraite à téléphoné et s’est aperçu qu’aucun médicament contre la douleur n’avait été donné à mon mari le matin…Alors qu’il a subi une intervention et qu’on lui à placé deux vis de garden dans la tête du fémur. La maltraitance existe. Même passive. Elle est bien là. J’en ai encore des frissons.

Gineste-Marescotti : une video

Une vidéo de Rosette Marescotti

Cette petite vidéo montre plusieurs outils de base pour communiquer. Bien fait et intéressant.

Une attitude de bientraitance dans tous les gestes du quotidien. Comment utiliser sa voix, le regard, douceur des gestes, rythme adapté des gestes et de la voix…

Ces outils  sont indispensables pour que la personne accompagnée se sente reconnue.

Je n’ai pas été formé par  l’Humanitude, mais avec l’APVAPA, une association qui au-delà  de la Validation Thérapy de Naomi Feil étend sa curiosité à tous  les outils qui peuvent permettre une communication humaine avec la personne accompagnée. Mes références sont François Blanchard, Louis Ploton, et pour les outils Marianne Hartmann. Honnêtement dans cette vidéo je ne vois pas de différence avec les outils que j’enseigne.

Il y a encore beaucoup d’autres outils utiles, sont-ils enseignés dans l’Humanitude je ne sais, mais ce que pratique ce courant me paraît très bien.

Il me paraît important que tous les soignants qui vont dans ce sens, tous les formateurs qui partagent cette philosophie du prendre soin, ou des philosophies proches, se rejoignent au-delà des chapelles.  Ce que je connais de l’humanitude va dans ce sens, c’est-à-dire vers la bientraitance, et c’est l’essentiel.

La validation de Naomi Feil, la clown Thérapie, l’art Thérapie, la danse thérapie, la musicothérapie, Snoezelen, Montessori… et d’autres méthodes quand elles sont bien pratiquées, c’est à-dire avec une intention honnête et un bon apprentissage, vont aussi dans ce sens. Ces méthodes l’une ou l’autre, ou plusieurs, sont nécessaires car sans ces méthodes, sans leurs outils, les soignants ou les aidants sont démunis et peuvent être involontairement maltraitants.

Une valeur ne vaut que si elle est pratiquée.

Les outils permettent de faire vivre les valeurs d’humanité et de respect de la personne. Sans outils, maladresse, maltraitance. Sauf bien sûr si la personne est douée et pratique les outils comme M. Jourdain pratiquait la prose : sans le savoir.

C comme… Contention … (article philosophique de Didier Martz)

C comme… Contention. La contention, dit le dictionnaire, est l’immobilisation d’un individu considéré comme dangereux à l’aide de camisole de force, de liens, d’attaches, de brassière ou de ceinture. Trop visible et contraire à l’éthique des droits de l’homme, la contention est de plus en plus remplacée par les neuroleptiques et les tranquillisants. Elle est pratiquée dans ces différentes formes dans les institutions psychiatriques et dans les maisons de retraite dites aussi résidence pour personnes âgées ou encore EHPAD, Etablissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes.

La contention des personnes âgées a toujours existé, au prétexte justement avancé qu’elles doivent être protégées. On peut remonter jusqu’à Hérode, et Bertrand Quentin, dans un article de la revue n°144 de la revue Gérontologie et Société de la Fondation Nationale de Gérontologie, nous invite à lire ou à relire les phrases suivantes de l’épilogue de l’Evangile selon Saint Jean : « Quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais ; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas ». Le souci, de tous les temps, de mettre en sécurité des individus menaçant pour eux-mêmes justifie qu’on les attache et qu’on les conduise là où « ils ne voudraient pas aller ». Qu’on substitue à la contention physique la contention chimique, une forme dure à une forme, semble-t-il, plus douce, ne change rien sur le fond sauf qu’avec la seconde on s’épargne les protestations d’un individu récalcitrant. Il n’empêche. Décider de contenir quelqu’un, concède Bertrand Quentin, est légitime lorsqu’on pense qu’il court un risque. Liberté ou sécurité, il faut choisir et dans ce cas la sécurité prévaut sur la liberté. Mais les choses évoluent nous dit-on, et c’est tant mieux.

La question de la contention devrait être élargie à l’ensemble de la société et nous conduire à une réflexion sur les rapports qu’entretiennent entre eux la sécurité et la liberté dans l’organisation de nos vies quotidiennes. Contenir, c’est aussi, nous dit encore le dictionnaire, retenir, modérer, réfréner comme on dit « réfréner des ardeurs », les tempérer. Contenir, c’est encore réprimer, contraindre ou enrayer. Ainsi, on contient l’ennemi, on réprime ses sentiments ou on calme l’indignation de quelques-uns, ou de plusieurs, pour les maintenir dans le devoir et l’obéissance.
Il n’est alors nul besoin de ceinture, de brassière ou de camisole. L’usage de tranquillisants peut y suffire. Les Français, d’après le rapport Zarifian, mandaté par le gouvernement, sont les champions du monde, je cite, « de consommation de tranquillisants avec 80 millions de boîtes par an ». Et particulièrement en Champagne-Ardenne.

Une technique plus récente, pratiquée dans la plupart des foyers et en particulier dans les EPHAD, consiste en l’adhérence « volontaire » – et animée d’une passion joyeuse non contenue – à des écrans. Ne dit-on pas « collé » ou « scotché » à l’écran ? Il s’agit de la contention télévisuelle. Ainsi va le monde !

Didier Martz, 21 novembre 2013.

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Écouter la chronique hebdomadaire « Ainsi va le monde » sur : RCF Reims Ardennes le jeudi à 18 h 24, le vendredi à 11 h 56 ou la réécouter sur : http://www.rcf reims-ardennes/Emission/ainsi va le monde ou bien sur Radio Primitive 92.4 en FM le mardi à 14h, vendredi à 9h et samedi à 7h30 ou en podcast
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